Vendredi 23 juillet 2010 5 23 /07 /Juil /2010 00:24

"Ca ne te fait pas bizarre?" me dit-on à propos d'un retour en France.

 

Quitter le pays du soleil levant, ses parfums, ses couleurs, ses contrastes et ses gens. Depuis cet îlot tranquille de développement civilisé, ce havre sécurisé au comfort addictif, le monde qui s'étend au loin semble bien peu attirant. Trop brut, peu pratique, sale. Différent. Et pourtant, il faut bien y aller. Il faut bien tourner les pages du livre et explorer de nouveaux chapitres. L'Asie est là, tout autour. Et cette fois: Shanghai et alentours.

 

Adieu Facebook. Adieu Youtube. Adieu Liberté. Bienvenue en Chine.
Dans ses bagages, emmener avec soi un peu d'intelligence et de vigilance. Assez pour protéger ses intérêts et sa santé.

Shanghai n'est pas différente de toutes les autres villes Chinoises. Cela comprend les caractéristiques suivantes, qui s'appliquent bien sur au reste du pays:

 

-Trottoirs, métro, bus, restaurants et tout autre lieu: bondés, présence de pick-pocket, de vendeurs et de racoleurs tenaces. Armez vous de patience.

-Aucun respect dans les queues d'attente: protégez votre place.
-Institutions publiques ou privées, hotels, taxis, train, etc: fiabilité du staff très variable. Si vous ne défendez pas vos intérêts, personne ne le fera pour vous.

-En ville: klaxons à chaque seconde, pauvreté crue, cris, crachats, bousculades.

-Traverser la rue: le piéton n'est jamais prioritaire. Que le petit bonhomme soit vert ou pas. Jamais. Et, non, ce bus sur votre gauche ne freinera pas.

-Pollution: oubliez que le ciel est bleu et le Soleil lumineux. Oubliez la Lune et les étoiles. Ce brouillard au-dessus de vous ne s'en ira presque jamais. Habituez votre gorge et vos poumons à l'anthracite et à la fumée de cigarette. Les Chinois fument. Partout.
-Hopitaux, médecins, médocs: une fois sur deux plus mortels que la raison vous amenant les voir.

 

Cette notice lue, gardez votre courage et sortez de votre hotel. Ouvrez vos oreilles aux décibels ambiants et vos yeux sur les désespérants contrastes de richesse et la stupidité de systèmes régis par l'égoisme.

Mais ne vous plaignez pas. Ne prenez rien pour personnel. Etre Chinois c'est aussi accepter. Tolérer. Ignorer? Ca, ou se créer une petite bulle. Une petite cité interdite personnelle. Restaurant, shopping mall, un Starbucks, quelques amis. Rester dedans, à l'abri de la chaleur, du bruit et de l'air malsain. La joie de vivre s'arrête là où commence la rue, là où la réalité d'un pays cancéreux vous submerge. Dans le brouhaha omniprésent, les conversations tournent autour des mêmes problèmes, récurents, bien connus. Mais que blâmer? Une société? Un gouvernement? Ils sont si bien imbriqués l'un dans l'autre qu'ils en sont inséparables, comme deux corps partageant le même coeur. Mais ampute t-on du coeur?

 

Qu'il s'agisse d'un employé véreux acceptant un pot-de-vin, un vendeur arnaqueur ou un conducteur de taxi un peu escroc, il est bon de ne jamais oublier que, s'il y a une chance qu'ils agissent à vos dépends uniquement parce qu'ils le peuvent, il est encore plus probable qu'ils procèdent ainsi simplement afin de subsister, d'essayer de joindre les deux bouts.

Un monde dur crée des gens durs et la Chine est très dure. Pays à plusieurs vitesse, toutes les échelles de développement inventées pour classer ce monde s'y retrouvent. Les riches y vivent leurs rêve tandis que la plèbe rêve de survivre. Tout passe par les relations, les réseaux, les effets de levier. Obtenir un bon médecin pourra vous coûter un pot-de-vin à moins que vous en connaissiez un vous devant une faveur ou étant de votre famille. A une autre échelle, invitez un camarade de classe primaire à diner et il vous sera dès lors redevable. Gérer son réseau, garder de bonnes relations avec son entourage. Se rendre indispensable aux autres sans rien leur devoir. Voilà le jeu (ou art) du "Guanxi". Etre bon au Guanxi (prononcé gouannchi en français), est une capacité clé, nécessaire et suffisante pour le succès de n'importe quelle affaire.

 

Enfin...

 

Tout n'est pas noir en Chine, de même que rien n'est blanc. Des tons de gris, plutôt. C'est comme partout, il y a du bon même là où les préjugés et la première impression peignent du mal. La plupart des Chinois sont des gens très serviables, aimables et curieux. Tout dépend des circonstances dans lesquelles on les rencontre...

 

Shanghai-Suzhou 2683

(partie de Mah-jong en plein air)

 

Le centre de Shanghai est outrageusement moderne et développé, Elle est la plus occidentalisée des villes chinoises, des styles architecturaux variés s'y cotoyent et valent, peut-être, quelques photos.

Shanghai-Suzhou 2680

 

Shanghai-Suzhou 2689

 

Les quartiers historiques et coloniaux, anciens refuges de la "différence", manquent de mise en valeur, de contexte. Ainsi s'échappe la possibilité de donner à la visite un nouveau sens et à la pensée du touriste un peu de profondeur. On est bien en Chine... Je ne trouvai à cette mégalopole aucun coeur. Aucune âme.Un peu à la manière de cette mascarade d'exposition universelle, où l'on patiente cinq heures avant de profiter de l'unique chose que tous ces pavillons ont à offrir: un peu d'air climatisé. Shanghai m'a laissé une sensation de vide.


Shanghai-Suzhou 2668

 

 

Shanghai-Suzhou 2702

 

Il faut aller à l'Ouest de la cité, à une heure de train, retrouver la petite ville de Suzhou pour pouvoir enfin se plonger dans l'histoire du plus vieux pays du monde.
Suzhou fut autrefois la capitale du commerce de la soie. Malgré une modernisation galopante, un soin particulier a été porté à la préservation et à la restoration des sites historiques. Jardins anciens, musées, temples et promenades au bords de canaux façonnés par l'homme comptent parmis les atouts touristiques de Suzhou. La ville est également, de part sa taille plus réduite, plus vivable, moins étouffante et moins fatiguante.

 

Une semaine dans cette Venise d'Orient. Une très bonne expérience. La Chine telle qu'on aimerait qu'elle soit. Humaine et loquace quant à son si riche passé.

 

Shanghai-Suzhou 2627

 

Shanghai-Suzhou 2571

 

Toutes les photos dans la gallerie Shanghai-Suzhou!

Par tom
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Dimanche 9 mai 2010 7 09 /05 /Mai /2010 06:20

Debut Mai au Japon.

La fleuraison des cerisiers est terminee et le temps s'ameliore doucement. La flore verte et luxuriante prend ses couleurs d'ete.

Il fait maintenant chaud tous les jours. Les bois se remplissent de crissements lancinants et la chambre de moustiques.

 

La Golden Week, une semaine de vacances pour tout le pays, est arrivee. Apres six mois passes ici on se sent deja moins touriste et aspire principalement a des grasses matinees a repetition.

Kyoto, Nara, Tokyo... lointaines destinations bondees en cette saison, deja vus et revus, (Sigh...) ont perdu un peu de leur parfum de nouveaute.

 

Mais a regarder au loin, on finit par ne plus voir ce que l'on a a portee de la main. Chacunes a une demi-heure de train se trouvent au Sud une pointe rocheuse aux airs de Finistere et au Nord Kamakura, une ville au contenu historique si riche qu'il faut au moins trois jours pour la visiter.

 

Kamakura 2187

 

 

Il est evident que la proximite avec Tokyo joue sur leur popularite aupres des touristes nippons et que les principales attractions seront bondees. Mais pendant la Golden Week, il faut faire avec. Diriger le regard vers le calme au-dela des bordures du chemin, ignorer la foule derriere soi, puis cadrer la photo. Tchac.

Kamakura 2129

 

Repeter le procedes autant que necessaire jusqu'a la fin de la visite.
Cette photo a pleins freres et soeurs que vous trouverez dans la gallerie Kamakura.

 

 

La cote au Sud de chez moi n'a pas grand chose a envier a la Bretagne.

 

On remarque quelques petites differences, comme par exemple les panneaux mettant en garde contre les tsunamis...

01052010102

 

Autre details, les OVNIs sur la photo ci-dessus ne sont ni des mouettes ou autre jacasseurs, mais des aigles. Oui.

Plus de photos dans la gallerie Misakiguchi.

Les vacances finies, il est temps de retourner a la redaction de son rapport de stage et a la preparation du visa pour l'an prochain. He oui, je rempile au Japon en Septembre pour six mois dans l'universite Keio.

Plus proche de Tokyo, mais la mer me manquera...

 

Ciao!

Par tom
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Mercredi 24 mars 2010 3 24 /03 /Mars /2010 13:14


Ce week-end, la fleuraison des cerisiers est attendue d'une seconde a l'autre. Les passants dans les jardins publiques guettent les bourgeons eclos dans la nuit.
On en parle, on y pense, on souhaite tres tres fort que ca vienne, mais non. Il fait 5 degres et le printemps est en greve.

Le barometre oscille. Quelques jours corrects accouchent d'une tempete, puis c'est le retour a une humidite grise et froide. Mais quand le Soleil perse un peu, il cogne. Apres tout, on est a latitude de Tunis.

Enfin, il faut bouger quand meme!
Le mois de Mars au Japon, c'est partir en balade avec dans le sac a dos un parapluie et des lunettes de Soleil.
Un short de plage et un passe-montagne.

Plus un appareil-photo bien entendu.

Nul besoin d'aller tres loin pour trouver quelques jolis coins.Quoi de plus charmant qu'un sanctuaire en pleine megalopole, perche sur une colline et ignore des passants? Le meme, lorsque l'on ne s'attend pas a tomber dessus.

Yokohama 1851

On apprecie l'absence de bruit et de mouvement. Un petit moment ou l'on ecoute que le vent.

Yokohama 1876



Arrive au sommet, pas un chat.

Par-fait. A moi l'illusion du havre de serenite. 

Petit apercu en image. Vous apprecierez certainement mes talents de cameraman...

 

 

Sanctuaire Iseyamakotai Jingu. Shinto.
Shinto?
Mais si souvenez-vous. Une croyance ancienne et endemique du Japon reverant les innombrables kamis.
Le shinto est tout ce que le boudhisme n'est pas. Comment a t-il resiste a l'arrivee de son riche et elegant rival?
Un excellent article du Japan Times donne un petit apercu de reponse. Pour en apprendre un peu plus, cliquez le lien ci-dessous.
Je vous laisse au choix parcourir la gallerie Yokohama ou quelques photos supplementaires sont venues s'ajouter. Ou, au choix, parcourir l'article cite au-dessus.
Le week-end prochain, si l'Anti-cyclone le veut, il fera beau. Il fera chaud. Et un nouvel article verra le jour.
Ciao!
Yokohama 1883
Par tom
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Jeudi 21 janvier 2010 4 21 /01 /Jan /2010 13:17
Hi!


Vous etes lasses du calme des rues Tokyoites et de la serenite monastique des Japonais?
Vous allez etre servis.

Direction Beijing.

Arrivee en soiree. Un fog etrange plane sur le tarmac. Des monceaux de neige anthracite cumulent dans les cotes et agregent du kerosen. L'air est sec et glacial, a vous en faire regretter la clim' du Boeing.
Debarquement du coucou et entree dans le Terminal 3.
Emerveillement.
Beijing Capital International Airport.
La machoire tombe et les mirettes partent en grand ecart dans l'espoir d'encadrer entiere la cathedrale.

http://news.xinhuanet.com/english/2008-02/29/xin_2120205292137906169315.jpg


BCIA est encore un petit jeunot. Construit pour les JO, il a encore l'oeil vif et l'air propret.

On ne peut en dire autant de Beijing.
La vieille accuse le coup d'une architechture simplette et de son voile de pollution.
HLM  XXL a la pelle.
Rues salies de scories empiles en couche d'age croissant.
Voila pour le contraste avec l'improbable esthetisme japonaise. On se sent enfin dans une vraie grosse ville sans make-up. Une megalopole tatouee au charbon et au sans-plomb comme on les aime.

Dans Beijing comme partout, le neuf se mele au vieux. Les quartiers anciens de petites masures croulantes, les hauts immeubles du boom chinois et les mall-shopping supermodernes sont les trois principales formes se decoupant sur l'horizon.
Beijing 1491

Le matin se leve gris sur une ville grise. Mais il fait beau. Le gris-bleu, vous aimez?

On se deplace en taxi. C'est pas cher.
Ici, rien n'est cher.

Vous vous installez pepere sur la banquette et profitez de l'air chaud de l'habitacle. Alors que la premiere s'enclenche, votre main par reflexe agrippe febrilement la ceinture de s...
"Quelle ceinture?"

Ok...

Le traffic est dense et sauvage. On se faufile comme on peut en suivant la loi du plus gros. ( Ce bus qui se rabat sur nous la, il bluffe?! )

Heureusement, les Pekinois sont plutot bons (voir, carrement doues!) pour la conduite "sportive".

On finit par arriver  la ou l'on souhaitait aller. Enfin a peu pres, suivant le compromis atteint avec le chauffeur.


Tian-anmen et la cite interdite.

Beijing 1340

Pas mal de monde, beaucoup d'attrapeurs de touriste aux entrees.
" Si si, venez dans mon taxi, je connais toute la ville!"
"Mister, mister! Vous voulez voir la grande muraille?"

On passe, sans devier un chouillas ses pas, au travers de la foule des "penibles" en les ignorant superbement.
Toute votre attention restant portee sur l'ouverture du sac a dos.

Cela dit, si Beijing est plutot "safe", Tian-anmen est elle carrement securisee. A moins que votre appareil photo se trimballe les fesse a l'air avec une petite pancarte "a prendre", vous n'aurez aucun soucis.
Cela dit, lorsqu'on sort du Japon, nimporte quel pays semble barbare et dangereux.
Le meilleur comportement en Chine reste le meme que partout ailleurs:
"Keep your wits about you".
Beijing 1355
La cite interdite est immense. Sa visite est une longue procession de pavillon en pavillon, au travers de vastes cours glacees. Si ce n'etait le froid, la fin de la visite passant par les jardins imperiaux serait un excellent pretexte pour trainer a la recherche d'angles photogeniques.
Beijing 1366

Apres cela, quid d'un repas chaud?

Shabu-shabu au menu.
On se pointe au batiment sans reconnaitre vraiment qu'il s'agit d'un restaurant avant d'avoir passe le seuil.
Il y a foule. Il y a du bruit. On entre et sort comme dans le moulin proverbial.

On est sous le charme.

Il faut parfois attendre quelques minutes avant d'avoir une table. Vous patienterez assis dans le hall sur des tabourets autour d'un jeu de dame et d'une boisson chaude tout en craquotant des chips crevettes.
Quand vient le moment d'attaquer les choses serieuses, on vous guide jusqu'a votre place. Une innombrable troupe de serveurs circulent affaires autour d'une clientele joyeuse, tandis qu'un zigoto fait du jyu-jitsu avec des nouilles.
Eh oui, parfois on comprend pas.

Le shabu-shabu est un gros pot-au-feu. Vous commandez ce que vous voulez y mettre, quant a la suite c'est votre affaire.

Beijing 1336


Du gout, des couleurs et de la mise en scene.
Du restau chinois pur souche.
On aime.

Et quid des chinois eux memes?
Ils sont generalement tres tres differents des japonais. Voir carrement opposes de caractere. Un contraste agreable.
Le resultat est que la ville semble beaucoup plus vivante. Il y a moins de conventions et plus de diversite.
Voila pour le ressenti de Beijing.
Une experience parcellaire de la Chine, bien insuffisante pour en tirer un quelconque jugement.

Cependant, il y a quelques petites choses qu'on peut noter.
Si les Occidentaux ignorent beaucoup (sinon tout) de la Chine et des Chinois, l'inverse est egalement vrai.
Les Chinois sont tres fiers d'etre Chinois, autant qu'un redneck du Texas est fier d'etre americain.
La societe chinoise fonctionne sur des principes tres differents de ceux communement admis en Occident et qui ne comprend pas ces principes ne comprendra jamais rien a la Chine.
Que retenir absolument ?
Que le "guanxi" et le "mianzi" sont l'huile dans l'engrenage de tout, a toutes les echelles et dans tous les domaines.
Que se cache t-il derriere ces deux mots etranges?
definition du guanxi, cliquez la.
definition du mianzi, cliquez ici
L'importance de ces deux principes dans la couche d'age des 30 ans et plus en Chine est souvent tres tres sous-estimee par les occidentaux.
Une fois ces principes acquis, vous ne lirez plus les news du journal parlant de la Chine comme avant.


See you!

Par tom
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Lundi 28 décembre 2009 1 28 /12 /Déc /2009 14:38
Hello a tous!
Fête t-on Noël au Japon?

La réponse malheureusement n'est ni oui ni non.
Promenez vous dans les rues commercantes, les titanesques malls ou le métro: le thème apparait omniprésent. Mais demandez donc au lambda nippon s'il chérit chez lui un sapin décoré ou une crêche. Un regard d'incompréhension candide se fera certainement l'écho de votre indiscrétion.

La culture japonaise reste très présente malgré l'aspect international de la mégalopole. Toujours ce même paradoxe entre ouverture culturelle et traditionalisme propre à l'archipel.

Dans le calendrier nippon, Noël n'existe pas.

Un peu brutal pour un occidental. Des amis à l'université se sont ainsi vus inscrits pour des présentations orales un 25 au matin. Des réclamations?
Un peu mon neveu. Dans ces conditions, ne pas hésiter à jouer la carte du "devoir sacré" et de "l'importance religieuse" de Noël. Dès lors que votre motif trouve sa source dans un impératif religieux, vos mots prennent dans l'oreille nippone un tout autre poids.

Je passais le soir du 24 dans la résidence de l'université de Keio, au sein d'une petite France. Soirée dans une salle lounge d'un des bâtiments. Chacun apportant sa contribution au festin et aux cadeaux. Ces derniers étant tirés au sort.
Ambiance très sympa, genre erasmus ou l'on "switch" du francais à l'anglais et de l'anglais au japonais.
Les jours entre les fêtes furent prétextes à une exploration plus pouséee de certains coins encore méconnus de Tokyo. (oui, oui il en reste!) Vous trouverez quelques photos dans les albums. Notamment Roppongi-Shimbashi.


Roppongi-Shimbashi 0923

Roppongi-Shimbashi 0943
Les japonais fêtent uniquement le passage à la nouvelle année, dans la nuit du 31 au 1er, depuis que le calendrier grégorien fut instauré comme calendrier national en 1873, lorsque le Japon s'ouvrait au reste du monde.
Les vacances correspondantes durent une semaine environ. Pendant cette période, tous les transports sont saturés et le pays semble s'endormir. Les banques, la poste et toutes les institutions gouvernementales ferment leurs portes.
Ou: comment se retrouver le 29 au soir avec 20 euros en poche et 5 jours à vivre dessus. Désolé pour les moqueurs, ce ne fut pas mon cas. De peu. ;-)

C'est le moment pour les familles de se réunir, de prendre des nouvelles. On nettoye les maisons, cette activité d'ordre pratique étant également majeure sur le plan symbolique. Elle represente un rite de purification de la demeure. les objets usés ou cassés sont remplacés, les tatamis sont (enfin?!) aérés.

Sur le plan des affaires, toutes les dettes doivent être payées avant la fin de l'année.
Les plats dégustés pendant les fêtes sont très spécifiques. Ils sont préparés à l'avance avant le Réveillon, car pendant les premiers jours de Janvier, tout labeur est prohibé, même cuisiner.

Cette préparation des festivités fut l'occasion pour moi d'être invité à nettoyer un temple. Une expérience très...enrichissante.
Mon rôle avec un autre stagiaire francais rencontré sur place (pur hasard) était de nettoyer le grand portail du temple et l'allée menant au bâtiment central. Ce jour-là, je fus, à peu près successivement:
- une attraction pour tous les passants du coin (le jeune étranger exploité et heureux de sa condition!)
- salué respectueusement par ces mêmes passants (qui furent TOUS salués en retour)
- impliqué dans une conversation sur l'identité nationale à travers les cultures un balai-brosse à la main
- mis à contribution pour le désencombrement d'un toit sacré (à coups de branches d'arbres)
- le porteur de cinquante seaux d'eau et l'utilisateur nostalgique d'une pompe a l'ancienne.
- invité dans un restaurant coréen (et découvrir que les japonais aussi ne comprennent pas le menu!)
- le visiteur privilégié des toilettes d'un temple (au fond à gauche derrière le troisième Boudha!)
- l'hôte ravi d'un tea-time à la japonaise (mmm donuts!)
- instruit qu'une table basse nippone permet de se faufiler en-dessous sans renverser le thé
- instruit que si l'on a plus de trois ans, le thé finit quand même par se renverser
- témoin et acteur d'une soirée "détente" dans une taverne japonaise
- étonné de découvrir à quel point "détente" et "beuverie" sont proches dans le vocabulaire japonais
- l'interlocuteur infaillible d'un japonais saturé en saké pendant une heure quarante-deux minutes.
- le découvreur de la durée maximale pendant laquelle un japonais fin soul se rappelle avoir déjà dit quelquechose.
- impressionné par la relativement réduite longueur de cette durée. (six minutes c'est vraiment impressionnant!)
- le calculateur motivé du nombre de fois où j'écoutais donc la même histoire: dix-sept.
- fier de moi apres cette épreuve et curieux d'étudier le lien avec un quelconque test de patience boudhique.
- enfin l'heureux propriétaire de souvenirs inoubliables!
Komae 1199


Concernant le Reveillon en lui-meme, le soir du 31, revêtus d'habits traditionnels, on se dirige vers le temple boudhiste le plus proche pour assister aux 108 coups de cloche marquant le passage à la nouvelle année (ce soir là, il fait bon être moine, car vous ne vous gêlerez pas le..). Puis le lendemain matin, on se lêve tôt pour assister au lever du Soleil, tout en dégustant du poisson cru. (miam!)

Tout ça bien sur, c'est de la tradition. L'autre option est d'arroser abondamment la soirée du 31 et de profiter du foie gras importé, sortir ivre dans la rue à minuit pour souhaiter la bonne année aux passants (mais pourquoi ils fuient!?) puis passer la journée du 1er sous la couette (y a eu un 1er?) et les journees du 2 et 3 à se remettre du coup de froid consécutif à toutes ces nobles activités (deux jours inoubliables!).

(note: je ne fus pas ivre, juste assez idiot pour suivre ceux qui l'étaient. Ce qui est peut-être pire...)

Komae 1212

A bientôt!







Par tom
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